The Bloom Space by Eugénie Lambert
Le Podcast "The Bloom Space" par Eugénie Lambert, ex journaliste (CNN), Fondatrice de Bloom et enseignante de méditation pour les Nations Unies. Découvrez des invités et conservations orientés autour de la santé mentale, la méditation et le bien-être. Bonne écoute !
The Bloom Space by Eugénie Lambert
Anne Cécile Sarfati - la place des femmes dans notre société, ambition et équilibre
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Dans cet épisode, j'ai le plaisir de recevoir Anne-Cécile Sarfati, ancienne avocate, ancienne Directrice de ELLE et fondatrice du podcast Bienvenue dans l'ascenseur.
Ensemble, nous revenons sur son parcours aussi riche qu'inspirant, les choix qui ont jalonné sa carrière et les convictions qui l'animent aujourd'hui.
Nous parlons de la place des femmes dans notre société, des injonctions auxquelles nous faisons face, de l'équilibre – parfois fragile – entre vie professionnelle et vie personnelle, mais aussi d'ambition, de confiance en soi, de maternité, de leadership et de transmission.
Une conversation sincère, inspirante et pleine d'énergie, qui nous rappelle qu'aucun chemin n'est tout tracé et que, lorsque l'on ose croire en soi et avancer avec détermination, les possibilités sont infinies.
J'espère que cet échange vous inspirera autant qu'il m'a inspirée.
Bonne écoute !
Merci à tous.
SPEAKER_00Bonjour et bienvenue sur le podcast The Bloom Space. Je suis Eugénie Lambert, anciennement journaliste et aujourd'hui fondatrice du studio de méditation moderne Bloom. Alors Bloom c'est quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_00D'abord un studio mais aussi une application. The Bloom Space c'est la première application de méditation qui vous fait découvrir cette pratique au travers de l'assise mais aussi du mouvement et comme un art de vivre. Le podcast The Bloom Space c'est des conseils et des conversations passionnantes avec des experts bien-être, des entrepreneurs méditants et vous qui méditez tous les jours alors à quoi ressemble votre pratique qu'est ce que la méditation signifie pour vous comment cet outil vous accompagne dans vos vies découvrons cela ensemble Bonjour à tous et bienvenue dans le podcast The Bloom's Face. Aujourd'hui, je suis ravie d'accueillir Anne-Cécile Sarfati. Bienvenue. Bonjour, merci beaucoup de m'accueillir. Avec joie. Alors, Anne-Cécile, tu es ancienne avocate, ancienne dirigeante aussi du magazine Elle, journaliste, entrepreneur et aussi la créatrice du podcast Bienvenue dans l'ascenseur que j'aime écouter énormément. Dans ce podcast Bienvenue dans l'ascenseur, elle donne la parole à ceux et à celles qui ont réussi à prendre l'ascenseur social, souvent contre les déterminismes, les doutes ou les codes établis. Bienvenue Anne-Cécile dans le
SPEAKER_03podcast. Merci.
SPEAKER_00Est-ce que tu pourrais juste te présenter, nous dire qui
SPEAKER_03tu es
UNKNOWN?
SPEAKER_03Bon, alors tu as déjà fait une présentation assez exhaustive, mais je voudrais rajouter peut-être que j'ai trois garçons qui sont des trentenaires. Alors le petit dernier n'a pas encore 30 ans, mais les voilà et je suis mariée depuis plus de 29 ans avec mon mari actuel, mais que j'ai divorcé après un premier mariage très tôt et après la naissance de mes deux premiers enfants. Donc, j'ai une famille recomposée avec trois garçons et deux pères pour ces trois
SPEAKER_00garçons. Voilà. Et tout ça marche très bien.
SPEAKER_03Et tout ça marche pas mal du tout parce que beaucoup de chance des pères de mes enfants, voilà, du le choix des pères de mes enfants parce que le père de Charles et Marc est un homme formidable. Ce n'était pas forcément quelqu'un qui me convenait sur le plan du couple et de la vie amoureuse, on va dire. Mais en tout cas, je le valide toujours autant en tant que père. Et mon mari actuel a quand même quasiment élevé aussi, co-élevé mes aînés. Et donc, ça s'est bien organisé, bien respecté de part et d'autre. Et du coup, mes enfants disent aujourd'hui qu'ils ont un peu deux
SPEAKER_00paires. Est-ce que tu
SPEAKER_03peux nous parler
SPEAKER_00un petit
SPEAKER_03peu
SPEAKER_00de ton
SPEAKER_03enfance
UNKNOWN?
SPEAKER_03Alors, mon enfance, moi j'ai que des mauvais souvenirs pratiquement. J'ai des parents qui étaient très peu doués pour la parentalité, qui ont connu beaucoup de difficultés dans leur vie, à la fois professionnelles et personnelles. Les deux d'ailleurs. Ils ont divorcé quand j'avais 14 ans, mais Après, ils n'ont pas forcément eu des vies ultra heureuses comme celles qu'ils auraient aimé avoir, je suppose. Et du coup, moi, j'ai vraiment une vision de mon enfance assez négative et je me suis vraiment construite pour essayer de dépasser, de me guérir, de me réparer de cette enfance. Voilà. dans ma maternité aussi d'ailleurs j'ai essayé de pas reproduire les erreurs de mes parents
SPEAKER_00c'est pas facile ça justement d'essayer de sortir d'un schéma familial qui est brisé ou qui en tout cas nous a impacté de manière négative comment est-ce que tu as fait justement c'était ma question pour te construire parce qu'aujourd'hui on voit ta carrière incroyable ta capacité aussi à te réinventer comment
SPEAKER_03alors En fait, de deux façons. La première façon, une façon assez immédiate, mais qui montre que probablement j'avais vraiment une conscience très jeune du fait qu'il fallait que je m'échappe et que je coupe des liens, que je sois un peu dans la rupture par rapport à mon enfance. Quand j'ai eu... Déjà, j'ai... décidé de vivre seule à partir de l'âge de 16 ans donc bon quand même et puis ensuite à l'âge de 20 ans j'ai rencontré jean-claude mon premier mari et j'ai été vivre avec lui tout de suite donc je me suis enfui en fait et puis j'ai essayé de construire avec lui une vie différente donc voilà j'ai j'ai souhaité dans un premier temps devenir avocate parce que voilà les hasards de la vie je te passe les détails faisait que le barreau m'appelait on va dire voilà je voulais assez rapidement devenir journaliste mais à l'époque où on fait ses choix j'ai pas vraiment pu le faire alors que en parallèle ça se passait très bien pour moi dans le droit j'avais besoin quand même étant mariée de gagner ma vie et J'avais que 20 ans quand... Enfin, voilà, je me suis mariée après à 21 ans, mais je veux dire en vivant avec mon premier mari, je voulais quand même avoir une autonomie financière. Et donc, j'avais réussi à me faire salariée avec un petit contrat, mais enfin quand même, dans un cabinet d'avocat qui, du coup, me permettait d'avoir un revenu tous les mois et donc d'être indépendante et d'être autonome. Et donc, voilà, j'ai essayé de me construire aussi comme ça avec... Mais... euh... J'ai eu quand même des étapes difficiles. Je n'étais pas hyper heureuse à la fois dans mon couple et à la fois dans ma vie professionnelle parce que j'étais un petit peu quand même contre mon désir profond en fait. Et donc, comment j'ai fait
UNKNOWN?
SPEAKER_03Dans un premier temps, j'ai fui ma famille, je me suis mariée. J'ai voulu construire aussi une famille assez tôt. J'ai très vite eu envie d'avoir des enfants… probablement parce que mon mari de l'époque était un peu plus âgé que moi et que donc lui était plus pressé que moi, mais également moi parce que j'avais envie de réparer quelque chose, de construire une famille. Et là, j'ai été confrontée assez rapidement au fait que la vie c'est plus compliqué que ça, il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir. Et donc, j'ai voulu avoir un enfant assez jeune j'ai pas réussi tout de suite ça venait pas j'avais aucun problème physique mais je me suis dit j'ai réfléchi un peu que peut-être que en fait c'était moi qui inconsciemment n'était pas totalement prête et donc c'est là que je me suis dit il faut peut-être que j'aille demander de l'aide donc j'avais 23 ans à l'époque et j'avais rencontré celle qui allait devenir une de mes meilleures amies dans la vie, Delphine, dans le cabinet d'avocats dans lequel on travaillait, on avait eu une sorte de coup de foudre amicale, on travaillait pour le même patron, on rigolait énormément ensemble et la mère de Delphine était psy. Elle était psychologue clinicienne et moi je ne connaissais pas de psy donc j'ai été demander conseil à Christine et Christine m'a donné une adresse d'une psychanalyste et j'ai commencé une psychanalyse à 23
SPEAKER_02ans.
SPEAKER_03avec quand même une psychanalyse un peu freudienne, difficile, c'est-à-dire allongée sur le divan assez rapidement, deux fois par semaine, beaucoup de frustration parce que la psychanalyse ne parlait pas beaucoup, elle était derrière mon dos, enfin bon, à l'ancienne. Et au bout de neuf mois de ce travail sur moi-même, je suis tombée enceinte. Et donc là, je me suis dit, bon, c'est difficile comme travail sur soi, c'est assez frustrant parce qu'il n'y a pas beaucoup d'échanges avec la psy. Mais enfin, quand même, il y a quand même un résultat incroyable. Ça veut dire que ça marche. Et donc là, déjà là, je me suis dit, waouh, c'est génial. Et puis... C'est le début d'un long parcours psychanalytique qui a duré assez longtemps. Mais au bout de cinq ans de ce travail, il m'est arrivé deux choses. La première chose, c'est que j'ai trouvé la force de changer de métier. Au bout de plusieurs années de barreau et de cabinet d'avocat, le même dans lequel j'avais été salariée, mais qui m'avait gardée en tant qu'avocate après avoir prêté serment. et j'avais eu déjà mes deux premiers enfants et donc au retour de mon deuxième congé de maternité je me dis c'est pas possible en fait je me mens trop à moi-même professionnellement j'y arrive pas enfin j'y arrive très bien mais je suis malheureuse je m'ennuie alors que je voyais en miroir Delphine qui s'éclatait comme une malade et là je me disais mais moi je veux faire un métier passion comme ça et je voulais être journaliste et il faudrait que je le sois etc et je trouve la force de demander aussi un peu de l'aide ça c'est un fil rouge de mon parcours c'est que je n'ai jamais eu honte je le dis aussi par rapport aux gens qui nous écoutent je n'ai jamais eu honte ni même été inhibée à l'idée d'aller demander de l'aide à des gens qui pouvaient être susceptibles
SPEAKER_00de m'aider
SPEAKER_03dans
SPEAKER_00mon parcours je fais juste une petite parenthèse parce que je trouve ça très intéressant ce que tu partages dans beaucoup de parcours de personnes que j'admire ils me
SPEAKER_03disent, n'ayez
SPEAKER_00pas peur de
SPEAKER_03demander
SPEAKER_00de l'aide.
SPEAKER_03Mais il faut, c'est indispensable. Et dans le podcast que tu as cité, que je produis depuis deux ans, que j'anime, que je produis, qui est vraiment quelque chose pour moi de très important, parce que ça a beaucoup de sens, je le redis, c'est une activité là pour le coup à but non lucratif, etc. Mais c'est un peu, on va dire, ma danseuse. Eh bien, j'entends beaucoup de personnes qui ont pris l'ascenseur social aussi, parce qu'ils ont osé tendre la main, demander de l'aide et pas seulement qu'on leur tende la main et saisir la main, bien sûr ça c'est très important mais il faut aussi aller la chercher cette aide et cette aide on peut la trouver il y a des tas de solutions je referme cette parenthèse là donc là j'avais dans mon écosystème un peu éloigné, familial mais une personne qui était journaliste et à qui j'avais jamais vraiment trop osé parler de mes projets avortée, on va dire. Et donc là, je lui parle, il s'agit de Michèle Fitoussi, qui était grand reporter à elle, qui était déjà vraiment très avancée. Elle avait publié plusieurs romans, elle avait publié un essai qui a été... fondamentale pour moi, qui s'appelle le ras-le-bol des superwomen. C'était dans les années 80. Elle avait publié ce livre. Je dis ça parce que j'entends souvent des jeunes femmes de ta génération qui disent « Oh là là, mais il n'existe rien sur les problèmes qu'on vit. » Michel avait publié ce livre qui posait le sujet dans lequel on est toujours. Le sujet de... la difficulté de la société à être adaptée au fait que les femmes, aujourd'hui, veulent travailler à égalité des hommes. Donc, elle posait ce sujet-là très rapidement, à la fin des années 80. Bref. Et donc, bref, Michel m'a dit tu peux essayer de changer et tu vas repartir à zéro, bien sûr. Et tu vas faire des stages non rémunérés. Est-ce que tu as un peu d'argent
UNKNOWN?
SPEAKER_03Et oui,
SPEAKER_00évidemment. Ça, c'est fou. Et à nouveau, je fais une parenthèse aussi parce que je viens du journalisme. C'est terrible de devoir re Redescendre. Ah oui, bah, de toute
SPEAKER_03façon, chaque... Tu mets ton ego de côté. Alors ça, je dis, franchement, il faut redescendre. C'est très important quand tu veux changer, quand tu es à des grands carrefours de ta vie. Alors, il ne faut pas le faire toutes les cinq minutes, bien sûr. Moi, je l'ai fait deux fois dans ma vie. Je suis redescendue pour remonter, mais je suis redescendue deux fois. La première fois, c'est à ce moment-là. J'ai fait, voilà, j'ai renoncé au statut que j'avais d'avocat au barreau de Paris, dans un très grand cabinet d'affaires, avec quand même... des bonnes rétrocessions d'honoraires, un bon niveau de vie, etc., etc., un statut quand même, pour devenir pigiste dans la presse écrite et pas mal dans la presse féminine aussi. Bon, bref, voilà. Et ça a été long avant que je remonte à un certain niveau, bon, de confort. Et ça a mis cinq ans. Cinq ans avant
SPEAKER_00de
SPEAKER_03devenir... Et puis en plus, assez rapidement, j'ai voulu faire mon trou à elle. Alors, Michelle ne m'a pas du tout orientée vers le L au départ. Elle m'a orientée partout. Donc, j'ai fait des stages vraiment dans plein de journaux, plein de magazines, etc. Mais ce qui s'est passé assez rapidement, c'est que ce changement de vie professionnelle a entraîné un changement de vie personnelle. Et c'est là aussi que je me suis dit, je ne suis pas alignée dans mon couple, etc. Et Et donc, du coup, j'ai divorcé avec deux enfants sous le bras qui avaient un an et trois ans, en train de changer de métier et d'être pigiste. Voilà, donc ce n'était pas simple quand même. Mais en même temps, ce changement de vie personnelle, je pense, a été un grand moteur. pour que ce changement de vie professionnelle fonctionne assez rapidement ou pas. C'est-à-dire qu'il fallait que ça marche. Sinon, je ne pouvais pas changer de métier. Si je voulais changer de vie personnelle, il fallait que je redevienne avocate. J'ai une expression que ma mère utilisait beaucoup. Ma mère qui est morte il y a 20 ans, mais qui était un peu marche ou crève. Quand j'étais une petite fille, elle n'était pas une très bonne mère mais très rapidement quand on est devenu adulte elle était une bien meilleure mère elle aimait mieux être mère d'adulte que d'enfant et d'enfant encore une fois elle était quand même vraiment difficile mais elle disait l'épée dans les reins l'épée dans les reins t'es obligée d'y arriver c'était un peu violent mais bon je reconnais que cette expression Quand j'ai divorcé et que j'étais en train de changer de métier, je me suis dit, ma cocotte, je me suis dit à moi-même, l'épée dans les reins, il faut que ça marche parce que sinon, il va falloir abandonner un des deux changements. Pour revenir à la psychanalyse, voilà ce que la psychanalyse en 5 ans a produit chez moi. Et puis, après, pour accompagner tous ces changements, j'ai changé de psychanalyste. Il se trouve qu'il m'est Le deuxième truc qui m'est arrivé dans cette psychanalyse, c'est que assez rapidement après que j'ai compris qu'il fallait que je change de vie professionnelle et de vie personnelle, la psychanalyse, qui était une vieille dame, est morte. Donc là, en plein changement de vie, je me suis retrouvée seule. Mais je ne me suis pas restée seule longtemps parce que j'ai compris très vite qu'il n'était pas du tout question que je ne sois pas accompagnée. Et donc, je suis retournée voir Christine, la mère de Delphine, et Christine m'a trouvé une autre adresse et une adresse qui me correspondait beaucoup mieux par rapport à la question de la frustration du travail psychanalytique parce qu'elle avait cette psychanalyste qui m'a accompagnée jusqu'encore très récemment parce que j'ai fait des arrêts, je suis retournée j'ai eu du mal à vraiment arrêter là je pense que c'est bon, j'ai arrêté mais elle m'a accompagnée pendant presque 30 ans, c'est un truc de fou pas 30 ans, peut-être plus plus de 25 ans quoi et du coup mais avec des grosses coupures des grosses interruptions et tout et cette psychanalyste là elle était psychanalyste elle était aussi psychologue clinicienne elle était aussi psychanalyste dans la théorie qu'elle appliquait mais dans le fonctionnement on a beaucoup plus longtemps été en face à face et en discussion où elle intervenait quand même voilà en ping pong que en analyse pure et simple sur le divan j'ai été un peu sur le divan avec elle mais beaucoup moins longtemps qu'en face à face et en discussion ping pong
SPEAKER_00et donc la dernière fois qu'on a discuté tu m'as dit quelque chose qui m'a marqué juste pour parler de ta détermination parce qu'on ressent dans ce que tu dis que tu étais très déterminée d'épais dans les reins ou entre les reins en effet ça glace le sang tu dis ok je pars de mon couple j'ai mes deux enfants je me lance et tu m'as dit que tu avais appelé la rédaction, genre, tous les jours. Oui, alors, pas
SPEAKER_03de L. Alors, justement, pas de L. Alors, vas-y, raconte-nous ça, parce que c'était génial. En fait, j'ai changé de... Quand j'ai changé de métier, je suis partie du barreau de Paris que six mois après... Enfin, non, pardon, je refais. Je suis partie du barreau de Paris une fois que j'avais six mois de stage non rémunéré prévu. Voilà. Quand je dis de stage non rémunéré, dans différentes rédactions, je demandais des stages de deux mois, parfois d'un mois, etc. Donc j'ai été au Point, j'ai été au Nouvel Observateur, j'ai été à Biba, enfin bref, à l'événement du jeudi à l'époque qui était l'Ancien Marianne et tout ça. Et c'est vrai que pour le Nouvel Observateur, j'ai téléphoné, j'ai harcelé. le secrétariat du service dans lequel je voulais être prise en stage. Je ne sais pas, tous les jours, jusqu'à ce que ça marche, en fait. Et au bout d'un moment, l'assistante du service m'a dit, bon, c'est bon, c'est bon, c'est bon, c'est bon, je vous donne le rendez-vous avec le rédacteur en chef. C'est bon, c'est bon, arrêtez de m'appeler. Et donc, elle m'a obtenu le rendez-vous. J'ai juste quelqu'un à qui, une autre personne à qui je dois rendre hommage aussi, qui m'a ouvert un peu son carnet d'adresses, qui est Rutel Kriyev, qui m'avait été... conseillée par Michel Fitoussi qui m'avait dit tu vas aller voir Ruth, elle a beaucoup de contacts elle va t'aider et puis c'était une journaliste iconique mais Ruth à l'époque elle a essayé dans un premier temps de me dissuader de ce changement parce qu'elle se disait elle est complètement folle personne ne l'a attendue dans le monde du journalisme c'était déjà difficile je le dis à des jeunes de ta génération qui disent c'était beaucoup plus facile non c'était pas beaucoup plus facile, c'était difficile déjà d'être journaliste il y a 30 ans
SPEAKER_00c'est vrai qu'il y a encore moins de postes
SPEAKER_03je pense qu'aujourd'hui c'est encore plus difficile évidemment mais c'était déjà très difficile et donc voilà et Ruth m'a donné pas mal de points d'entrée dans les rédactions mais elle m'avait donné un point d'entrée au Nouvel Observateur qui ne marchait pas et donc d'où la nécessité de harceler de provocer sa chance bon bref et puis j'ai fini par être reçu par le rédacteur en chef qui était un mec formidable hyper drôle, il s'appelle Claude Veil et donc voilà j'ai eu un stage au Nouvel Observateur voilà et donc j'ai tellement aimé ce que je découvrais et je me sentais tellement là où j'avais envie d'être et dans le métier que j'avais envie de faire que j'étais prête mais vraiment à tous les sacs c'est à dire que voilà j'étais prête en effet à redescendre comme tu dis c'est à dire aller faire les photocopies pour les gens au début parce que c'était ça stagiaire voilà et puis moi aussi je faisais des cafés au début voilà les cafés les photocopies et tout je m'en foutais complètement à la limite ça m'amusait énormément intérieurement voilà je trouvais que c'était j'étais assez fière de moi aussi de me dire voilà t'as pas été comment dire tu n'es pas bloqué par le style que
SPEAKER_00tu cherches à... Je pense que c'est la clé de la réussite, c'est d'avoir toujours cet esprit un peu frais, curieux. Quoi que tu fasses, te dire c'est une chance, je suis là, je peux utiliser cette opportunité pour être heureuse aussi. Non, mais en plus... Mais tout le monde n'est pas comme ça.
SPEAKER_03Oui, tout le monde n'est pas comme ça. Mais je pense que c'est vraiment... J'ai de la chance d'être capable d'être comme ça parce que c'est une vraie... Je pense que
SPEAKER_00c'est une vraie compétence. Mais tu cultives ça toi-même si tu as compris que c'était
SPEAKER_03important. Oui, absolument. Et puis du coup, ça, je l'ai réappliqué une deuxième fois dans ma vie il y a six ans quand j'ai quitté Elle. Alors que j'étais rédactrice en chef, que j'étais directrice de la diversification éditoriale et que j'avais 52 ans. Et donc là, quand même, il a fallu aussi accepter l'idée d'aller faire autre chose, de lâcher ce statut, de lâcher ce poste qui était quand même un des plus beaux postes de Paris. Le réseau, tout ça. Alors en fait, le réseau, on le garde. Il y a des gens qui vous laissent complètement tomber parce que vous n'êtes plus la rédactrice en chef de Paris. elle et que en fait les gens pensent que vous avez plus rien à voir avec eux et que voilà et donc ce qui les intéressait davantage c'était le elle plutôt que Anne-Cécile Sarfati mais vous avez aussi beaucoup de très bonnes surprises de gens qui ne vous résument pas du tout au journal dans lequel vous étiez à la grande marque dans laquelle vous étiez donc ça c'est génial de de le savoir et c'est génial d'avoir une posture intérieure qui est « Voilà, ok, je vais redescendre. Qu'est-ce que j'en ai à faire, en fait
UNKNOWN?
SPEAKER_03» Ce n'est pas le sujet, en fait. Ce n'est pas mon sujet, en fait. Mon sujet, c'est d'être bien, c'est d'être heureuse, d'être alignée. Et d'avoir l'agilité de pouvoir, justement, reconstruire quelque chose, recommencer, me remettre à nouveau en mouvement. Et c'est formidable. J'ai une bonne copine de mon écosystème professionnel qui avait un énorme poste dans un grand groupe. Et à l'intérieur de son grand groupe, elle a demandé à changer, mais complètement. Et donc, elle a réussi à faire cette transition et tout. Elle est un peu plus jeune que moi, mais donc, elle a plus de 50 ans. Et quand elle m'a annoncé son changement, je lui ai envoyé un texte en disant, tu verras, c'est génial de changer à plus de 50 ans. Ça te rafraîchit, ça te réénergise, ça te redonne vraiment la niaque. Et à un âge où on est un peu fragilisé aussi
SPEAKER_00quand même. C'est passionnant ce que tu dis. On comprend que tu es quelqu'un quelqu'un de déterminé, que tu as toujours réussi à changer de carrière. Parce que finalement, je pense qu'il y a beaucoup de gens qui s'enferment dans cette vision de je vais faire un job. Donc, j'ai fait des études d'ingénieur, je vais être ingénieur et puis c'est tout. Mais je trouve que la possibilité ou la capacité, en tout cas, si on n'est pas heureux dans ce qu'on fait, de se réinventer et de s'offrir ce choix, on peut tous le faire. Alors, bien sûr, c'est facile à dire, mais on peut en tout cas... oser rêver à quelque chose et tout mettre en œuvre pour que ça arrive. Mais on n'est pas obligé non plus de
SPEAKER_03changer de boîte ou de changer de statut professionnel, je veux dire, d'aller créer sa boîte pour ça. À l'intérieur de elle, je suis restée 25 ans à elle quand même. J'ai fait beaucoup de choses très différentes. Et en fait, je pense que cette espèce d'agilité, enfin, je ne veux pas me jeter des fleurs en disant ça, mais voilà. En fait, c'est C'est une sorte d'esprit entrepreneurial. Complètement. Et donc, moi, j'ai eu un esprit entrepreneurial, en fait, toute ma vie professionnelle, y compris quand j'étais en CDI à elle. Et du coup, c'est une copine de elle qui m'a dit ça l'autre jour, on parlait. Elle me demandait où j'en étais, tout ça. Donc, je disais, tu sais, en fait, j'ai pris mon risque là. Et elle me dit, mais tu as toujours pris ton risque. Même quand tu étais à elle, tu prenais ton risque. Parce que c'est vrai que j'ai changé à l'intérieur de elle. Voilà, au départ, j'étais pigiste. Ensuite, je me suis occupée d'une... J'ai été pigiste d'abord dans une rubrique pratique. Mais moi, je ne voulais pas être pigiste dans une rubrique pratique toute ma vie. Je ne voulais même pas être juste embauchée dans une rubrique pratique toute ma vie. Je n'avais pas quitté le barreau de Paris pour ça. Je voulais être vraiment journaliste, société, publier des grands articles. Mais c'était très dur. Il fallait réapprendre toute l'écriture qui n'avait rien à voir. L'écriture d'un article, d'un reportage, d'une enquête ou même d'une interview n'a rien à voir avec écrire des conclusions d'avocat. Donc, il a fallu tout changer là-dessus. C'était de difficile. Je ne dis pas que ça a été facile, mais j'y suis arrivée. Je suis restée comme ça pendant 10 ans. Puis après, au bout d'un moment, on m'a dit, est-ce que tu veux devenir chef
UNKNOWN?
SPEAKER_03Je dis, mais je ne vais pas devenir chef, en fait. Au début, je me disais ça intérieurement. Je n'ai pas dit ça comme ça aux gens qui m'ont proposé. Et voilà. Mais après, je me suis dit, mais en fait, oui, peut-être que c'est l'occasion d'apprendre encore quelque chose de nouveau. Ce n'est pas forcément pour ça que j'ai quitté le barreau encore une fois, mais est-ce que ce n'est pas l'occasion de découvrir un nouveau champ, d'apprendre quelque chose et ben donc du coup j'ai dit oui et voilà et à chaque fois en fait j'ai appris des nouvelles choses et du coup c'est ça qui m'a permis de rester en mouvement parce que j'ai trop vu dans ma vie à la fois personnelle et à la fois professionnelle des gens qui sont pas capables en fait de rester en mouvement et qui du coup se dessèchent sur pied déprime sont malheureux parce que c'est vrai que voilà c'est difficile aussi de d'avancer comme ça, de se remettre en risque. C'est difficile, il ne faut pas dire le contraire,
SPEAKER_00mais ça donne de l'énergie. C'est challengeant mentalement, on se remet beaucoup en question. Justement, je fais un petit rebond sur une question sur... Un truc qui, moi, personnellement, a beaucoup changé ma vision de la santé mentale et de comprendre que là, il fallait prendre soin de moi, c'est la maternité. L'arrivée dans la maternité. Je ne sais pas, parce qu'il y a toute cette expérience incroyable que tu as eu, toutes ces expériences. Et en parallèle, tu étais aussi maman. Oui,
SPEAKER_03mais alors, il y a quelque chose qui n'est pas dit là, mais que je vais dire, que je dis souvent, d'ailleurs, j'explique ça souvent, c'est que dans mon cabinet d'avocat, j'ai fait mes deux premières grossesses et j'ai très très bien fait et d'ailleurs on a inventé avec Delphine une sorte de fonctionnement de job sharing avant l'heure parce que on travaillait pour le même patron j'ai eu mon premier enfant elle a eu son premier enfant, j'ai eu mon deuxième enfant elle a eu son deuxième enfant on a fait quatre grossesses en en trois ans quoi toutes les deux, en deux ans et demi, trois ans et du coup on se remplaçait, c'était génial alors ça grinçait à morts dans notre cabinet d'avocats, qui trouvaient que vraiment on exagérait, que c'était lamentable, etc. Mais nous, on se disait, ce sera fait. Et voilà, de sorte que quand j'ai changé de métier, j'avais déjà deux enfants. Et donc, je m'étais dit, peut-être que je n'en aurais pas de troisième. Parce que maintenant, mon sujet, ça va être de changer de métier. Voilà, bon, il se trouve que la vie a heureusement plus d'imagination que vous, et que j'ai divorcé, puis je me suis remariée avec un homme qui n'en avait pas lui-même. Oui. Même s'il considère que mes enfants, les aînés, sont les siens un peu aussi. Mais voilà, c'était bien qu'il ait son enfant aussi. Son fils, on va dire. Il dit que j'ai trois enfants et un fils. Il dit ça. Mais bon, voilà. Ce que je veux dire, c'est que quand j'étais dans le cabinet d'avocat dans lequel j'étais, ce n'était pas ultra bien admis. Mais en revanche, à elle, où j'ai rapidement posé mes valises, en tant que pigiste, pigiste permanente au début, A elle, la maternité était totalement intégrée. C'est-à-dire que c'était une organisation du travail faite par les femmes, pour les femmes. Et donc, ce sujet faisait partie intégrante de l'organisation du travail. Un exemple, à l'époque, il n'y avait pas les mails. Oui, je sais, je suis une personne très âgée. Mais à l'époque, il y avait les fax. Et donc, en fait, quand on... Il n'y avait pas du tout de présentéisme En vigueur dans les entreprises, encore aujourd'hui, un peu moins depuis le Covid, même si c'est en train de revenir. Et donc, en gros, ce qu'on attendait de nous, c'était de faire nos articles, d'assister aux conférences de rédaction, évidemment. Mais bon, après, il fallait sortir du journal pour aller enquêter, pour aller faire nos interviews, nos reportages, et puis pour écrire nos articles aussi. Et donc, on nous disait, tu nous enverras... article par fax, si tu ne veux pas l'apporter, si tu ne peux pas l'apporter parce que voilà tes enfants, etc. Quand on avait un enfant malade, on nous disait mais qu'est-ce que tu fous là
UNKNOWN?
SPEAKER_03Rentre chez toi, tu te rebrancheras et tu enverras ton article plus tard par fax, encore une fois. Il y avait vraiment une intégration complète de la question de la maternité et de la parentalité dans l'organisation du travail et de sorte que pour produisait un certain nombre d'effets intéressants sur le plan journalistique, c'est qu'il y avait une cécité de la vie de nos lectrices sur la question de l'articulation pro-perso. En dehors même, bien sûr, du livre qu'avait écrit Michel quelques années auparavant, parce que moi, j'étais plusieurs années après Michel, c'est-à-dire qu'il y a eu le livre de Michel dans la fin des années 80, et moi j'arrive au journal, mes premières piges, je les fais au milieu des années 90. Donc, on est presque dix ans plus tard et entre-temps, il y a eu un repli de ce sujet. Je veux dire, dans la direction, personne ne se rendait compte qu'il y avait un énorme problème pour nos lectrices d'arriver à à la fois avoir des carrières, à la fois avoir des vies personnelles équilibrées avec des enfants, etc. Donc, c'est pour ça aussi que j'ai pris ce sujet-là. Dans mes sujets importants, j'ai pris ce sujet-là aussi parce que je voyais mes copines qui venaient pas que du journalisme, qui était des avocates.
SPEAKER_00C'est encore un
SPEAKER_03sujet d'avou. Évidemment. Et donc, il y a encore beaucoup de choses à faire. C'est pour ça aussi que j'ai écrit des livres là-dessus, que j'ai créé le forum Elle Active en 2011, etc. On voit bien quand même que c'est un sujet qui avance, qui recule, qui avance, qui recule. Et donc, pour moi, j'ai eu la chance inouïe d'être dans un écosystème professionnel ou c'était pas un sujet de sorte que j'ai toujours énormément travaillé parce que j'aime travailler surtout j'étais passionnée en plus je faisais vraiment ce que je voulais faire mais ça m'empêchait pas une fois que j'avais rendu mon article d'aller chercher de temps en temps mes enfants à l'école pas du tout tous les jours attention pendant des semaines j'y allais pas parce que j'étais en train de faire un article de préparer mon article mais la semaine d'après je le prenais plus souple et comme j'étais pigiste Franchement, j'étais libre aussi de faire ça. Donc voilà, j'ai beaucoup mieux réussi ça, je pense, parce que j'étais aussi dans une organisation professionnelle plus parents friendly.
SPEAKER_00Oui, un écosystème adapté. Et ça, c'est une vraie richesse. Et très franchement, ce n'est pas partout. Alors attention,
SPEAKER_03ce n'était pas un endroit où il n'y avait pas de compétitivité, où il n'y avait pas de compétition, où il n'y avait pas de lutte pour les places, pour le pouvoir. Attention, je ne veux pas je ne veux pas envoyer une idée, une image complètement fausse et édulcorée de ce que c'était d'être journaliste à elle à cette époque-là. Et d'ailleurs, j'imagine toujours aujourd'hui, je veux dire, ce sont des univers compétitifs, très compétitifs, et dans lesquels il y a la même guerre pour un poste quand il y en a trois qui veulent l'avoir.
SPEAKER_00Ça aussi, c'est un sujet justement de santé mentale, d'être dans un milieu compétitif, c'est un peu la loi du plus
SPEAKER_03fort. Oui. Il y avait vraiment quelque chose d'assez darwénien.
SPEAKER_00C'est ça. Est-ce que toi, dans toutes ces expériences, tu as traversé des moments où tu as senti que ta santé mentale a flanché un petit peu
UNKNOWN?
SPEAKER_03Quand j'étais pigiste, avant d'avoir mon CDI, etc., il y avait des moments où c'était difficile quand même. C'était très difficile. Vraiment, il y avait une compétitivité acharnée. Donc, il y avait des moments où je me décourageais. Je me disais, je n'y arriverai jamais. Je n'arriverai jamais à avoir un vrai poste, etc. Mais j'ai envie de dire que cette époque-là était... plus simple pour moi déjà parce que j'étais plus alignée sur le plan à la fois professionnel et aussi personnel parce que j'ai assez vite rencontré mon deuxième mari et qu'il est venu vivre avec moi et mes enfants très vite en fait et que j'étais très heureuse et j'étais très amoureuse donc j'étais à la fois très amoureuse et à la fois très heureuse professionnellement et très heureuse d'avoir mes enfants franchement c'était une jolie période Donc, ça compensait beaucoup les difficultés que je pouvais ressentir de temps en temps sur la vie professionnelle, sur le fait que, est-ce que je vais réussir à être embauchée
UNKNOWN?
SPEAKER_03Est-ce que, est-ce que, est-ce
SPEAKER_00que
UNKNOWN?
SPEAKER_00Comment est-ce que tu as réussi à prendre soin de toi
UNKNOWN?
SPEAKER_03Alors, voilà.
SPEAKER_00Ça, c'est très
SPEAKER_03intéressant. Alors, ça, c'est très intéressant parce que c'était difficile. Et objectivement, toute ma vie professionnelle a été exigeante, même encore aujourd'hui. Je veux dire, quand j'ai créé ma boîte il y a six ans… Après, il y a eu le Covid, je ne vous raconte pas, c'était une boîte d'organisation quand même d'événements en présentiel, donc il y a le Covid, voilà. Bon, ce n'était pas simple, etc. Mais je me suis dit, j'ai pas mal d'ambition en fait, même si ce n'est pas une ambition de pouvoir, puisque encore une fois, j'ai quitté la question du pouvoir. D'abord, j'ai été très ambivalente avant d'être dans une carrière avec du pouvoir, c'est-à-dire en tant que chef, puisque... J'ai commencé ça à l'âge de 40 ans seulement. Donc, ça veut dire que ce n'était quand même pas forcément mon truc au départ. Et puis, j'y ai renoncé de moi-même il y a six ans. Donc, voilà, 12 ans plus tard quand même. Donc, cette question du pouvoir n'était pas forcément ce qui me drive. En revanche, ce qui me drive, c'était le contenu de ce que je faisais et aussi l'engagement. Parce que ça, c'est quelque chose que j'ai découvert en étant à elle, c'est l'engagement pour les femmes, etc. Je sais que c'est un de mes drivers. Mais donc, ça, ça demande quand même une grosse puissance de travail. Et cette puissance de travail, je sais qu'elle me construit, elle est importante. Toi, tu appellerais ça peut-être du workaholisme. Peut-être. Mais je sais aussi beaucoup me reposer. En tout cas, ça me drive, ça me fait plaisir, j'en ai besoin pour être heureuse. Et j'ai tout de suite, très vite compris que je n'arriverais pas à tenir cette exigence que j'ai si je ne prenais pas soin de moi. Je l'ai tout de suite
SPEAKER_00compris. Est-ce que tu as eu un truc qui t'a... Tu sentais ton niveau d'énergie
UNKNOWN?
SPEAKER_00Oui, c'est
SPEAKER_03ça. Quand même, avoir des enfants en bas âge, changer de métier et tout, j'avais quand même des grosses chutes d'énergie de temps en temps, etc. Donc ça, j'ai vite compris qu'il fallait que je fasse du sport. Alors que j'avais pas du tout été élevé dans un milieu où il fallait faire du sport c'était même le contraire le sport c'était vraiment un truc vraiment pour les nazes pour les nazes quoi voilà pour les nazes ça c'était l'éducation que j'ai eu par rapport à ça ok donc j'ai découvert le sport à l'âge de 20 ans avec Delphine
SPEAKER_02encore
SPEAKER_03Delphine m'emmène au gymnase club parce qu'elle dans sa famille on faisait du sport et je me rappellerai toujours c'était à mourir de rire j'y pense aujourd'hui. On fait des cours, etc. Et le prof, voilà, les cours de fitness au gymnase club, quoi. Le prof dit, au gymnase club, le prof dit, serrez vos abdominaux. Je te jure, Eugénie, je ne savais pas de quoi on parlait. J'avais 20 ans. Serrez vos abdominaux. Je ne savais pas,
SPEAKER_00je ne sentais pas mes abdos. Oui, on ne sait pas où c'est. Oui, à 20 ans, j'imagine que... Si tu n'as jamais fait de
SPEAKER_03sport de ta vie, à part vaguement en étant limite dispensée à chaque fois à l'école, parce que, voilà... On me dispensait. Du coup, j'ai appris. Et puis, assez rapidement, les enfants venant, le changement de métier venant, etc. Je me suis dit, il faut que je mette dans ma vie le sport d'une façon totalement régulière. Et donc là, j'avais la chance de vivre dans le même quartier que Delphine, avec une autre amie très proche, Isabelle. Et on on s'est dit on travaille toutes comme des dingues parce qu'Isabelle avait aussi une belle carrière et Delphine avocate de plus en plus et on avait des enfants à peu près du même âge et donc voilà on n'avait pas le temps quoi concrètement d'aller à la salle etc c'était impossible donc on s'est pris une prof dont on payait on partageait le coût à 3 donc ça nous revenait vraiment pas cher et elle venait deux fois par semaine c'est bien Soit le soir, soit le samedi matin. Non, ce n'est pas le soir. Le soir, un soir de semaine et le samedi matin. Et objectivement, je te jure que c'est vrai, tous les samedis matins ou tous les soirs de semaine, pratiquement, allez, trois fois sur quatre, j'avais envie d'annuler. Vraiment, j'avais envie d'annuler parce que je me disais, ce n'est pas possible, je suis trop fatiguée. Et en fait, je n'annulais pas parce qu'il aurait fallu annuler trois personnes les deux copines et la prof et je trouvais ça dégueulasse et en plus ça me donnait de l'énergie en fait c'est à dire que tu commences, t'es épuisée tu sors, tu vas bien donc j'ai aussi compris assez vite les bienfaits du sport pour remonter ton énergie et donc le sport aujourd'hui quand j'ai eu 50 ans j'ai fait ça jusqu'à l'âge de 50 ans à peu près avec d'autres formats un peu comme ça et quand j'ai eu pas 50 mais genre 49 je me suis dit il va falloir en mettre plus dans ta vie du sport parce que en fait je savais ce qui allait arriver avec la ménopause etc et donc je savais que le métabolisme allait se ralentir et que donc voilà j'allais être plus fatiguée que j'allais avoir deux fois moins de brûler beaucoup moins mon énergie et comme moi j'aime bien vivre aussi j'ai J'aime manger, j'aime boire. Du coup, je me suis dit, si je veux continuer à être une bonne vivante, il faut que je mette plus de sport. Je ne veux pas y arriver autrement. Et donc, avec mon mari, on a décidé de se faire du sport quasiment tous les jours. C'est bien. Alors, on fait beaucoup à la maison. Les cours en ligne et tout. Je vais aussi un peu de temps en temps dans une salle. Mais sinon, c'est à la maison, des cours en ligne. Notamment, moi, je suis une adepte. Alors, pas lui. Lui, il ne fait pas du tout ça. Mais... Les cours de Julie Pujol.
SPEAKER_00Oui,
SPEAKER_03trop bien. Les cours de Julie. Je suis une pujolette. Tu fais des pujolettes.
SPEAKER_00Et en plus, Julie est aussi journaliste au L.
SPEAKER_03Elle a été journaliste au L. On ne s'est pas beaucoup croisées à elle. Mais oui. Donc, on a une petite complicité. J'ai fait des retraites avec elle et avec Delphine aussi. On est allées. C'était génial. Des retraites, ce n'est pas vraiment le bon mot parce que c'était super énergique. Mais c'était génial. J'en ai fait deux avec elle. J'adore sa manière de faire des cours. Voilà. C'est très complet. Il y a beaucoup de renforcement musculaire. mais c'est pas le truc chiant voilà c'est en musique c'est vraiment sympa il y a aussi du stretching là je lui ai écrit récemment en lui disant il y a des cours de stretch mais moi en vieillissant j'aurais besoin de cours de stretch un peu plus long tu veux pas en faire un s'il te plaît qui dure plus de 30 minutes parce que je pioche dans ta vie qui dure de plus de 30 minutes parce que moi The Bloom Space je l'utilise pour la méditation mais pas encore pour les cours mais je vais aller regarder ça « Tiens, c'est très bien. » J'ai mis le sport dans ma vie. Et
SPEAKER_00la méditation, tu viens d'en parler. Tu en fais un peu avec The Bloom's Wave. Est-ce que tu en faisais déjà un peu
SPEAKER_03avant
UNKNOWN?
SPEAKER_03En fait, la méditation, d'abord, j'ai travaillé ce sujet journalistiquement parce que j'avais lancé aussi à Elle le forum ElleZen. Dans ElleZen, c'était vraiment toute la question de la santé mentale et physique des femmes. Évidemment qu'il y avait la question de la méditation. Mais j'avais appris qu'au fond, on se fait un monde de la méditation. C'est pour ça que j'aime beaucoup ta démarche, qui fait vraiment écho à la mienne à l'époque. C'est qu'en fait, il ne faut pas se prendre la tête avec la méditation. La méditation, c'est un moment de recentrage, de respiration. Ça peut même aller un peu plus loin que le mot méditation. Ça peut être du stretching. Tout à fait. Tu peux avoir des moments de méditation dans des séances de stretch, tu peux avoir des moments de méditation dans des séances de sophrologie et dans des séances d'hypnose. Tout ça se mélange bien. En clair, ce que je vois moi et que j'utilise et que je fais, c'est la nécessité de se poser et de respirer et de se ressourcer. Je me rends compte que je fais ça depuis longtemps, sans mettre le mot méditation dessus. Oui,
SPEAKER_00tout à fait. Ce que tu dis, c'est vrai. En effet, tu as les moments un peu formels où tu es vraiment dans cet état de méditation où tu es vraiment très concentré sur ce que tu fais et finalement c'est un moment de bien-être quand on est concentré sur ce qu'on fait parce qu'on ne pense pas à ces emails qu'on va envoyer à ce qu'on a dit tout à l'heure la méditation c'est l'art d'être avec ce qui est là donc tu peux boire un verre d'eau en pleine conscience même si ça paraît complètement anodin tu peux prendre ce moment pour être juste concentré sur le verre d'eau même peut-être ressentir un peu de gratitude de dire, c'est quand même chouette qu'on ait accès à de l'eau potable, ça sort de notre robinet, c'est juste magique, total. Ici et
SPEAKER_03maintenant, et gratitude. Oui, mais c'est vraiment vers ça que je vais de plus en plus, en fait. J'ai quand même envie de dire que quand mes enfants étaient petits, c'était plus difficile de trouver ces moments-là, quand même. C'est normal. J'avais moins de temps pour faire ça, et que, objectivement, je suis beaucoup plus... dans ce sujet-là, de la respiration, de la méditation, de l'hypnose et tout ça, depuis que mes enfants sont adultes et que j'ai plus de temps pour moi. Ça, c'est
SPEAKER_00vrai. Tu parlais d'un sujet qui est intéressant. Il n'y a pas longtemps, j'ai interviewé Cathy Closier sur le sujet de la ménopause. Elle est devenue coach sportif. Elle s'est reconvertie. Cathy est la formatrice des restaurants Season à Paris. Est-ce que tu trouves que le sport... En tout cas, la méditation, c'est quelque chose qui accompagne aussi cette période.
SPEAKER_03Totalement. C'est-à-dire que ce n'est pas qui accompagne, c'est au cœur. C'est-à-dire que je vois la différence entre les copines complètement débordées par ce phénomène hormonal traditionnel et celles qui ont un peu anticipé et qui changent quelque chose dans leur... bien-être dans leur routine, en fait, psychocorporelle à ce moment-là. Tout à fait. Je vois la différence,
SPEAKER_00oui.
SPEAKER_03Et je pense qu'en fait, il faut s'en occuper. Il faut s'en occuper. Que le sport est, bon, moi, ça me convient très bien, mais le sport aide aussi sur le plan de la santé mentale. Complètement. Pour affronter cette période qui est difficile, qui est objectivement difficile. Oui, oui, tout à fait. Parce qu'on est déprimé tout d'un coup, on on a des chutes hormonales, on est déprimé, alors qu'on n'a aucune raison, on se lève le matin, on a envie de pleurer. Il y a des problématiques de prise de poids, il y a des problématiques de fringales, il y a des problématiques qui sont des cercles vicieux, alors qu'à l'inverse, on peut faire un cercle vertueux. C'est-à-dire que le sport t'aide à… Moi, c'est un peu ce que j'ai trouvé. Bon, après, chacun fait comme il peut. Alors, le sport varie. Le truc de Julie Pujol est génial parce qu'en fait, on peut faire à la fois du stretching encore une fois j'ai de plus en plus besoin en vieillissant d'avoir des moments de stretching et d'alterner les trucs de muscu qui sont fondamentales au moment de la ménopause parce qu'il y a la fonte musculaire ça commence bien avant mais encore plus à la ménopause là ça s'accélère beaucoup ça commence à partir de 35 ans la fonte musculaire mais disons que à partir de la ménopause c'est vraiment encore plus important et classique donc là il faut lutter contre ça ça et il n'y a que des haltères, des barres et des trucs comme ça comme fait Julie. Mais ça, du coup, ça sollicite beaucoup des articulations, ça sollicite beaucoup, ça fait des douleurs, etc. Donc, tu te lèves le matin, parfois, tu as des douleurs qui sont liées à l'âge et faire alterner ces séances-là avec des séances de stretching qui te réalignent complètement, c'est génial parce que ça t'étire, ça te réaligne et donc ça, et puis ça t'aide aussi dans la posture, à te tenir droite parce qu'en vieillissant on voit bien les filles de mon âge parfois voire plus âgées voilà même si elles sont musclées et tout elles n'ont pas forcément la posture elles ont tendance à voûter un peu le haut du dos et tout et voilà, avoir des routines comme ça qui te réalignent, qui ne sont pas compliquées à mettre en place dans sa vie, surtout à une période de la vie où précisément il faut remplir un peu le vide qui vient de la famille des enfants qui s'en vont etc etc bon La vie n'est pas trop mal faite là-dessus, c'est-à-dire que au moment où les enfants s'en vont, tu as plus de temps pour toi du coup, donc du coup, il faut l'utiliser ce temps. Je ne dis pas que c'est simple, ce n'est pas simple cette période-là, mais il y a vraiment des solutions. Moi, je n'ai pas dans ma famille de cancer du sein, donc je le dis, ce n'est pas forcément politiquement correct, mais je trouve que c'est hyper important de le dire. Moi, j'ai pris le traitement hormonal de substitution. Voilà
UNKNOWN!
SPEAKER_03je le prends et franchement, ça m'aide énormément. Ça m'aide pour le moral, ça m'aide pour les os, ça m'aide pour la libido, ça m'aide pour tout. Franchement,
SPEAKER_02c'est génial. C'est
SPEAKER_03chouette. Ça, plus le sport et plus un peu de méditation et de stretching et tout, franchement, ça aide aussi beaucoup à tenir
SPEAKER_00le cap. Merci pour tout ça. C'est très important. J'aimerais qu'on parle aussi un petit peu de la nouvelle génération, la génération anxieuse. Ce n'est pas une
SPEAKER_03nouvelle génération.
SPEAKER_00génération, moi aussi,
SPEAKER_03j'étais très anxieuse.
SPEAKER_00J'ai une anxieuse démente. Moi aussi, je suis anxieuse, mais c'est vrai que cette génération, les stats montrent qu'à cause notamment des réseaux sociaux, de l'usage des téléphones, de l'isolation sociale, aussi que ça crée finalement... Et puis la peur aussi environnementale, tout ça. Oui, tout à fait. La peur environnementale, l'anxiété liée à l'actualité qui en ce moment est très angoissante. On a une génération qui est très anxieuse. Donc ça y est, tu viens d'être nommé ministre alors tu as plusieurs casquettes ministre du travail ministre de la jeunesse et des sports je te donne ta baguette magique qu'est-ce que toi tu mets en place pour trois mesures allez trois
SPEAKER_03mesures la première mesure je ne sais pas comment j'aurais étudié le sujet d'un point de vue beaucoup plus précis mais je limite J'ai interdit. les réseaux sociaux et même le téléphone mobile aux enfants de moins d'un certain âge. J'aurais tendance à dire 15 ans, mais peut-être que ce n'est pas le bon âge. Je pense qu'il faut s'entourer de spécialistes, etc. Et j'accompagne les parents. Je lance une grande campagne d'accompagnement des parents, des écoles, des collèges, etc., des professeurs pour aider à ce que ce soit vraiment respecté. Voilà. Pourquoi
UNKNOWN?
SPEAKER_03pour la concentration, pour l'estime de soi et pour, bien sûr, les apprentissages. Les apprentissages qui sont totalement, à mon avis, enfin, ce n'est pas à mon avis, il y a beaucoup d'études qui montrent ça, entravés, bloqués par cette ultra-connexion des jeunes. Donc ça, c'est le premier sujet. Le deuxième sujet est un peu lié au précédent. C'est que, je ne sais pas comment, on ne peut pas obliger les gens, mais faire de la question du mouvement et du sport, c'est un peu une priorité de santé physique et mentale avec minimum 30 minutes de sport par jour dans tous les établissements scolaires mais dans les universités mais dans les entreprises aussi dans les EHPAD je veux dire partout en fait que ce soit dans la vie des gens parce que je ne crois pas qu'on pourra absorber cette révolution numérique qui par ailleurs est génial et qui est quelque chose d'innovant, qui change, qui est extraordinaire. Mais je ne crois pas qu'on pourra absorber ça humainement si on ne remet pas le corps au milieu du village. Donc ça, c'est les deux premières mesures. Après, j'ai une troisième mesure qui est plus liée à mes engagements qui est pour aider les femmes durablement dans leur santé mentale et physique. surtout mentale c'est le congé de paternité mais obligatoire qui dure plus d'un mois qui dure plusieurs mois voire une année complète et qui ne se prend pas en même temps que la mère qui se prend après la mère avec peut-être un mois de chevauchement entre la mère et le père après la naissance de l'enfant pour permettre à la mère de retourner au travail avec une charge mentale totalement allégé puisque l'enfant est avec la meilleure personne qu'il puis avec laquelle il puisse être le père dans le meilleur environnement dans lequel il puisse être la maison sa maison voilà et donc du coup comme ça elle peut reprendre son boulot sans avoir toutes ces problématiques de refaire sa place de charge mentale d'angoisse par rapport au mode de garde qui ne va pas ou qui est peut-être dangereux ou je ne sais quoi voilà et Le gros avantage, mais énorme aussi, c'est que ça forme le père à ce que c'est que la charge mentale. Parce qu'il est en situation, il ne s'agit pas du tout de savoir comment s'occuper d'un enfant. Il s'agit de savoir comment s'occuper d'un enfant dans une maison qui tourne. Tout à fait. Qui tourne, où il y a des flux, des reflux, où il y a des placards qui se vident, qui se remplissent. C'est la magie. Ce n'est pas magique, ce n'est pas par l'opération du Saint-Esprit. Et toutes les problématiques d'inégalité femmes-hommes dans le monde du travail et dans la société viennent aussi du fait que tout ça est porté par les femmes encore aujourd'hui. Tout à fait. Génial. Super. Il faut qu'on les mette en place. Et donc, ça, c'est des mesures qui sont en vigueur déjà dans les pays du Nord, qui ont prouvé vraiment leur efficacité. Alors, c'est peut-être plus difficile à mettre en place. Pourquoi est-ce qu'on n'est pas capable de mettre ça en place
UNKNOWN?
SPEAKER_03comme ça, mais il faut réussir à faire ça. On a une société qui est encore trop patriarcale. Oui, mais c'est aussi une société qui ne regarde pas ce sujet-là comme il doit le regarder, comme elle doit le regarder. Pourtant, c'est une évidence. C'est une évidence. Et toutes les problématiques de violence aussi qu'on a, etc., tout ça s'améliorerait beaucoup s'il y avait une égalité femmes-hommes dans la société, dans tous les milieux sociaux. Et si on considérait que les hommes, qu'ils soient ouvriers ou ministres, doivent prendre le congé de paternité à égalité avec la mère de leurs enfants. C'est parfait.
SPEAKER_00Je suis déterminée. Il faut vraiment qu'on pousse toutes ces mesures parce que, en effet, tout ce que tu as dit, même la première mesure, j'ai lu un article comme quand il y a un petit village en Irlande qui a complètement banni les réseaux sociaux et l'usage des téléphones avant 15 ans, justement. Je crois que c'est exactement là. dont tu parlais. Ils ont déjà vu les bienfaits pour les enfants, la formation de leur cerveau. Je parlais avec ma psy du fait qu'aujourd'hui, les enfants ne savent plus réfléchir par eux-mêmes. Ils demandent à chat GPT. C'est un problème parce qu'on ne sait plus trouver de solution et ça s'applique à notre vie aussi, notre vie personnelle. On ne cherche plus de solution, donc on est déprimé. On ne cherche pas le système D. Le système D est super important pour nous. Il nous reste quelques minutes minutes. J'aimerais juste faire un petit focus sur ton podcast. Bienvenue dans l'ascenseur. Qu'est-ce qui t'a donné envie de... Tu disais, tu as quitté le magazine Elle, tu as décidé de lancer ça. Tu disais justement que ça t'a donné un coup de peps de te dire, allez, je me lance avec un nouveau podcast. Non, je n'ai pas tout
SPEAKER_03de
SPEAKER_00suite lancé le
SPEAKER_03podcast. Le podcast, je l'ai lancé il y a deux ans. J'ai d'abord lancé ma boîte qui s'appelle Actuali, qui fait du conseil éditorial et événementiel pour des grandes entreprises ou des organisations professionnelles ou des collectivités territoriales ou des associations d'ailleurs là en ce moment je travaille pour l'association Mandorpa je vais lancer toute une tournée régionale de prévention sur la soumission chimique donc c'est surtout ça que je fais et qui me fait gagner ma vie j'ai aussi pour des clients fait des podcasts et puis au bout d'un moment je me suis dit j'ai quand même envie d'un sujet 100% journalistique non pas que ce que je fais pour des marques où des organisations ne sont pas des sujets journalistiques. Parce que quand je travaille avec l'association M'endors pas, je n'ai pas l'impression de faire du brin de contente. N'est-ce pas
UNKNOWN?
SPEAKER_03J'ai l'impression de faire vraiment mon métier de journaliste. Ou même quand je fais un podcast pour l'APHP sur les santé-vous légitime des parcours de femmes qui racontent leur ambition à l'APHP, mais qu'elle soit aide-soignante ou professeure de médecine je n'ai pas l'impression de faire du brin de contente j'ai l'impression de faire mon métier de journaliste d'autant que là c'était un client génial qui m'a dit toute liberté éditoriale si il y a des choses qui remontent qui nous font du mal à l'APHP en tant que entité en termes de je sais pas moi croiser du racisme croiser du sexisme voire des violences sexuelles si ça remonte ça nous arrange comme ça on sort donc vous voyez c'est pas si stéréotypé que ça le fait de travailler pour des marques et des entreprises et des grands
SPEAKER_00groupes mais bon malgré
SPEAKER_03ça je le dis parce que parfois on vous soupçonne quand vous lancez quelque chose comme vous êtes payé par le client de ne pas vraiment faire bien votre travail donc je le dis ça me semble important sur Bienvenue dans l'ascenseur le système n'est pas du tout le même là j'ai décidé de lancer mon podcast mon média et de le faire soutenir financièrement par des grands groupes c'est pas du tout la même chose ils n'ont pas de droit de regard sur mon contenu en amont et ni en aval enfin en aval si ça leur plaît pas ils peuvent dire que l'année prochaine ils reviendront pas mais voilà donc c'est moi qui décide le contenu éditorial etc il me manquait un projet justement où j'étais plus voilà dans quelque chose où c'est moi qui décide complètement à 100% de tout voilà et avec un engagement d'essayer de à la fois faire ce que j'aime, c'est-à-dire faire parler des gens, aller à la rencontre de certaines personnes, mais essayer d'améliorer la question de la visibilité des gens qui prennent l'ascenseur social. Parce qu'en fait, je trouve que dans ces parcours de personnes que je fais parler, l'identité éditoriale, c'est ni footballeur, ni humoriste. Parce qu'en gros, quand on vous parle de gens qui prennent l'ascenseur, on vous parle soit de Jamel de Bouze ou de Kylian Mbappé ou d'une top modèle éventuellement qui a pris l'ascenseur social. Mais donc, c'est en fait des parcours qui sont avec un biais qui est le biais du talent, du talent artistique ou du talent sportif. Moi, je voulais montrer les quantités astronomiques de gens qui existent, qui prennent l'ascenseur social dans ce pays, de tout âge, de toute origine, mais dans des professions peut-être plus accessibles.
SPEAKER_00Moins dans la
SPEAKER_03lumière, plus accessibles. Parce que, alors là, il y avait aussi une vision un peu soft politique, on va dire, qui est que je trouve que soit on nous montre les grands sportifs et les grands humoristes, soit on nous montre des parcours d'immigration qui foirent, qui ne s'intègrent pas, comme on entend beaucoup, et qui mettent le feu aux banlieues, voire qui violent nos femmes. Et moi, je trouve que c'est pas possible en fait. C'est pas possible parce qu'il existe une quantité énorme de femmes et d'hommes qui viennent de parcours d'immigration, ou pas d'ailleurs, mais qui ont des métiers formidables et qui s'élèvent socialement. Ça ne veut pas dire que je veux montrer que des exceptions voilà parce que non mais il y a aussi la critique possible qui est elle montre des exceptions comme ça c'est pas la peine de se battre sur le plan collectif pour améliorer les structures pas du tout ça n'a jamais été ma manière de travailler d'ailleurs j'ai commencé par des podcasts une semaine sur deux audio et puis très rapidement je me suis dit ça suffit pas il faut des hors série avec des experts de l'ascenseur social je sais pas le chercheur de l'INSEE ou de l'OCDE, mais aussi les CIS sur le travail, etc. Mais il faut aussi des hors-série sur les associations qui font des choses pour lutter contre les inégalités des chances. Donc en 15 minutes, telle association, comment on y accède, qu'est-ce qu'elle fait pour permettre un meilleur ascenseur social pour les jeunes. Et donc de sorte qu'aujourd'hui, c'est un média qui dépasse largement le podcast hebdomadaire audio, puisque tout est Donc, on a énormément augmenté notre audience et c'est un vrai média. C'est-à-dire qu'on a une newsletter qu'on shoot à une base de données qualifiée presque 5000 personnes tous les mois. On a ces contenus toutes les semaines. On a un événement qui est prévu le 12 janvier 2027 chez notre partenaire principal au siège historique de L'Oréal, rue Royale, qui s'appelle Visionnaire, avec toute la communauté Bienvenue dans l'ascenseur. Et on est en train de travailler avec un partenaire sur la création d'un baromètre de la mobilité sociale pour mesurer le décalage entre le ressenti parce que ça ça m'intéresse beaucoup et la réalité de l'ascenseur social en France parce que en fait on est un des pays qui a le plus fort ressenti de déterminisme social au monde alors que je dis pas que tout va bien dans le meilleur des mondes attention je ne suis pas du tout dans cette logique là alors que on est dans la moyenne des pays de l'OCDE de l'OCDE alors qu'aux Etats-Unis ils sont peut-être le pays qui y croit le plus alors qu'ils sont catastrophiques sur le plan de la réalité de l'ascenseur social donc voilà moi ça m'intéresse beaucoup de montrer aussi de la nuance dans ce sujet qui est très rattrapé par des orientations politiques extrêmes des deux côtés à l'extrême droite je viens d'en parler on comprend pourquoi on nous dit qu'il n'y en a pas parce qu'ils ne peuvent pas s'intégrer évidemment et Et puis, à l'extrême gauche, ça ne les arrange pas non plus de montrer des gens qui prennent l'ascenseur parce que ça montre que ça marche. Alors, ça ne marche pas aussi bien qu'on voudrait, ça n'est pas suffisant, évidemment, mais ça marche quand même. Il y en a pour qui ça marche. Et j'ai envie de redire une fois pour toutes quelque chose qui m'anime depuis toujours, en fait. Tous les sujets engagés sur lesquels j'ai travaillé sont des sujets qui n'ont jamais opposé le combat collectif qui est absolument nécessaire bien sûr qu'il faut améliorer des choses l'école par exemple aujourd'hui il y a des choses à dire à redire sur l'école l'accès à la propriété en France je crois que ça a plutôt régressé oui complètement voilà donc c'est quand même un vrai souci sur l'ascenseur social et le combat individuel qu'on mène soi-même pour essayer de s'élever voilà je n'oppose pas les deux je trouve que dire aux jeunes toute façon les structures sont tellement injustes répéter inlassablement des chiffres qui sont compliqués les chiffres de l'OCDE sur il faut six générations pour accéder à une classe sociale du middle du milieu des classes sociales, en fait, l'OCDE elle-même réfléchit à comment nuancer un peu ce discours qui est mortifère. Parce que dire à des jeunes, parce qu'en fait, leur dire ça, c'est leur dire quoi
UNKNOWN?
SPEAKER_03C'est leur dire que c'est pas la peine de se battre, de se tomber, c'est pas la peine de travailler, c'est pas la peine d'aller chercher des aides auprès d'associations, c'est pas la peine d'aller... demander de l'aide à un mentor éventuel qui peut t'aider, si il faut six générations, laisse tomber, ça ne va pas la tête, pour des adolescents, comment
UNKNOWN?
SPEAKER_03Voilà, donc ça, c'est assez mortifère, et donc je considère que montrer aussi des parcours de personnes, de femmes et d'hommes, qui sont partis vraiment de situations socioculturelles très défavorisées et qui ont réussi à s'élever, en montrant les difficultés qu'ils ont eues, en montrant les solutions qu'ils ont pu activer, les aides qu'ils ont pu rencontrer, les soutiens auxquels ils doivent des choses. Voilà. Et en montrant tout ça, je pense que c'est important pour redonner aussi confiance dans la mobilité sociale
SPEAKER_01dans ce pays. Et ça ne
SPEAKER_03suppose pas à continuer à se battre sur ce qu'il faut améliorer sur le plan collectif. Les deux vont ensemble.
SPEAKER_00Merci. Donc ton podcast, on peut le retrouver sur toutes les plateformes
UNKNOWN?
SPEAKER_00Toutes les plateformes d'écoute et sur Youtube. Si tu pouvais inviter trois personnes à dîner ce soir qui seraient ces personnes, sachant que tu n'as pas de limites spatio-temporelles. Tu peux inviter des personnes du futur, du passé, des personnages fictifs. Je
SPEAKER_03pense à deux. Je pense à deux, mais comme elles ont des maris vachement sympas, elles vont venir avec leurs maris. La première, c'est Michelle Obama. Pourquoi Michelle Obama
UNKNOWN?
SPEAKER_03Pour le parcours. Le parcours extraordinaire de Michelle Obama. Le parcours de sa famille, son parcours à elle individuellement. Elle est formidable. Mais également, justement, par rapport à ce que je disais sur l'articulation entre le combat collectif et le combat individuel, elle est exactement là-dedans. C'est-à-dire qu'en tant que première dame, en tant qu'avocate engagée, etc., elle a toujours été engagée, elle s'est toujours battue sur la dimension collective, l'engagement, comment faire progresser les choses, etc., mais ce que j'adore en elle c'est qu'elle n'a jamais oublié ce que soi-même on peut faire pour soi elle a même théorisé ça c'est à dire qu'elle dit en gros dans son dernier livre qui est un livre presque de coaching au fond elle dit elle dit quelque chose du style parce qu'il y a quand même c'est bien de râler c'est bien de se battre c'est bien de dire ça va pas d'aller manifester d'aller s'engager collectivement pour un sujet, pour améliorer le monde, etc. Enfin, il y a quand même un moment où le boulot, il va falloir le faire. Voilà. Donc, voilà. Moi, j'adore son articulation. J'adore son articulation entre, voilà, bats-toi pour le collectif, mais bats-toi pour toi aussi. Donc ça, pour ça, j'adorerais la rencontrer, Michèle. Et accessoirement, rencontrer Barack. Pourquoi pas quand même
UNKNOWN?
SPEAKER_03Après, il y en a une autre qui est beaucoup moins loin de moi que j'aimerais énormément inviter à dîner. J'ai déjà eu l'occasion de prendre un petit déjeuner avec elle. Il s'agit de Leïla Bechti, l'actrice Leïla Bechti. Leïla, j'ai eu l'occasion de prendre un petit déjeuner avec elle et avec son mari et avec mon mari en marge du Festival de Cannes il y a quelques années quand on était, mon mari et moi, plus « successful », n'est-ce pas
UNKNOWN?
SPEAKER_03plus bankable. C'était génial. D'abord, je trouve cette fille solaire. Je la trouve hyper intelligente je la trouve belle et surtout je la trouve mais hilarante elle a un humour mais elle est trop trop trop trop trop marrante comme je suis quelqu'un par ailleurs qui aime énormément m'amuser énormément rigoler etc donc voilà j'aimerais inviter Leïla et Tahar donc Leïla si tu m'entends viens dîner chez moi avec Tahar s'il te plaît je t'attends
SPEAKER_00Trop bien. Allez, une troisième personne. Non, ils sont quatre. Qu'est-ce que tu leur fais à manger
UNKNOWN?
SPEAKER_03C'est quoi ton plat préféré
UNKNOWN?
SPEAKER_03J'ai beaucoup de plats préférés. J'ai des plats d'été, j'ai des plats d'hiver. Alors là, on arrive dans l'été. Dans l'été, un poisson. Un poisson en portefeuille. En portefeuille. Un poisson en portefeuille. Juste rapidement, c'est quoi un poisson en portefeuille
UNKNOWN?
SPEAKER_03Tu demandes à ton poissonnier de te préparer par exemple un bar ou un saumon en portefeuille et va très bien savoir de quoi on parle il s'agit d'un poisson qui reste entier mais dont on enlève toutes les arêtes génial donc tu le mets au four 20 minutes enfin 20 minutes ou 10 je ne sais pas ce que te dira le poissonnier tu fais à côté un peu de riz et des légumes et ça fait super plaisir à tout le monde et moi je rajoute toujours une petite sauce avec des petites tomates coupées en tout petit une sauce vierge des petits oignons frais des herbes etc tout le monde adore c'est light c'est light et c'est sympa comme tout et voilà et des glaces pour le dessert des glaces et des sorbets
SPEAKER_00ok donc Léna et Michel you have to come to Anne-Cécile voilà c'est ça ça va arriver ben on verra rien n'est impossible merci infiniment Anne-Cécile pour ton temps aujourd'hui j'étais ravie de pouvoir échanger avec toi
SPEAKER_03merci
SPEAKER_00à toi et vous pouvez donc retrouver le podcast d'Anne-Cécile sur toutes les plateformes
SPEAKER_03merci beaucoup beaucoup merci infiniment Anne-Cécile c'était super
SPEAKER_00merci à bientôt sur le podcast de Bloomspace